KL LOTH, Se perdre, Le Réservoir, Pierre-Bénite, 7 au 17 janvier 2016

 

L'exposition Se Perdre fait jouer plusieurs approches de la notion de parcours.

Le questionnement à propos des choix de vie et la longue marche dans la ville (Le Parcours), la déambulation nostalgique et désirante dans la série Pensées flottantes […], le transport euphorique dans la carte postale Se perdre, l'approche allégorique de la Carte de Tendre, parcours amoureux, humoristiquement évoqué par des pancartes d'autostop, pratique liée au hasard.

Et pour conclure, une phrase qui ramène à cette question essentielle : ICI ET MAINTENANT (que faire ?), (2015) tout en évoquant le futur, en apparaissant par des matériaux traditionnellement liés à la notion de projet : le calque et l'encre de Chine.

 

LE PARCOURS (2013-2015) est une série de photos qui explore un rapport possible, étroit, entre image et texte.

La notion de parcours y apparaît tant au sens littéral que métaphorique. Les photos de sols urbains sont des fragments de la réalité quotidienne, incrustés de phrases fonctionnant selon un double sens littéral et figuré.

La multiplication des photos, leur déploiement sur le mur incitent à un cheminement aléatoire, complexe du regard.

Les phrases peuvent se rapporter à la voix intérieure d'une personne en proie à de multiples questions concernant sa vie passée et présente (lors d'un moment de crise par exemple).

Néanmoins les photos ne correspondent jamais strictement à ce qui est énoncé et montrent des sols souvent abîmés, en plein travaux, ou portant des marques et inscriptions diverses. Ce sont des images d'un réel chargé de vécu, de potentiels récits, en pleine évolution, dynamique, ce que renforce encore la saturation et le contraste en général accentués des couleurs de ces photos.

 

La série PENSÉES FLOTTANTES AU MUSÉE DES MOULAGES (2011-2012), suggère des souvenirs éventuellement douloureux qui hantent ou s'actualisent dans un présent où subsiste le désir : une personne visite un musée de moulages, et fascinée par les œuvres exposées, laisse flotter sa pensée…

 

SE PERDRE, qui donne son titre à l'exposition est une carte postale que j'ai réalisée en 2009, ici mise en scène, tout en gardant ses fonctions de carte postale, destinée à la dissémination spatiale.

Et si se perdre est l'une des possibilités dans un parcours de vie ou un aléa de l'acheminement du courrier, la photo du ciel, et le mouvement dynamique des nuages suggère l'exaltation, l'effusion, voire le sentiment océanique*.

 

TRANSPORTS AMOUREUX (2014-2016), reprend les "étapes" de la Carte de Tendre de Mademoiselle de Scudéry (où sentiments et attitudes sont matérialisés par des lieux), pour un parcours imaginaire en autostop, pratique d'un passé encore proche, fortement dépendante du hasard et parfois dangereuse, tout comme les relations amoureuses. Quelles rencontres ferez-vous, et où cela vous mènera-t-il ?

 

* sentiment océanique : impression d'être en unité avec l'univers.